Des sociétés informatiques qui s’attaquent aux coûts frivoles

Les sociétés informatiques indiennes qui doivent rivaliser pour attirer et retenir les meilleurs éléments ont beaucoup joué sur les petits avantages et commodités au quotidien. L’organisation de navettes par bus donne l’occasion à un grand spectacle tous les matins sur le IT cooridor de Chennai, la circulation est réglementée par des agents spécialement recrutés à cet effet afin de permettre à des dizaines de véhicules de couper la route et entrer dans les grands sanctuaires de Cognizant, Tata, Accenture, Ebay-Paypal ... Une répetition quotidienne d’un déploiement militaire dans un grand désert du moyen-orient !

A plus petite échelle la vie de l’ingénieur informaticien est aussi agrémentée de petits plus.

Mais voilà que la récession crainte aux Etats-Unis et son impact sur le business informatique gagne les esprits des dirigeants et immédiatement ces liberalités sont remises en cause. "Voyons les choses ainsi, c’est seulement réduire des dépenses en supprimant le luxe offert aux employés de telle sorte que personne ne s’en rend compte ou ne s’en offusque", dit un responsable de la logistique interne. Cet exercice qui a été baptisé L2C (from luxury to comfort) par certaines sociétés doit permettre de réduire des coûts de 10%.

Les exemple cités dans cet article du Times of India, ne manqueront pas de surprendre les européens, on ne parle pas de voyages organisés au Mexique par le CE ni d’abonnement aux clubs de sports. C’est la tasse de café qui est visée, fini les arômes importés, retour au produits locaux, le repas proposé aux employés d’une grande société ne proposera plus qu’un seul dessert au lieu de deux, et pour se rendre à l’aéroport les cadres devront emprunter les transports plutôt que les taxis.

Tout est fait pour éviter de passer à des mesures plus drastiques qui toucheraient aux salaires et donc au moral des employés qui sont invités à "travailler plus pour gagner plus"... Tiens, tiens.

Selon un haut dirigeant d’un des majors du IT, si les employés n’ont pas réagi négativement c’est parcequ’ils ont conscience que des moments difficiles sont au tournant et que les alternatives pourraient être plus pénibles.

La réduction de tels coûts ne peut être que la soupape de sécurité des grands groupes, quelles sont les poches pour les plus petites entreprises ? On peut imaginer sans peine que les alternatives arriveront bien plus vite.

Tribune de Frederic Donnette

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