Directeur Général de Valtech France, Henri Petitet nous livre son expérience sur le marché de l’offshore et sa vision de la crise sur le marché.
Offshore-developpement : Quelles sont les étapes d’un projet de développement offshore ?
Henri Petitet : Un projet de développement offshore se déroule à la manière d’un projet de développement distant (en dehors des locaux du client) avec certaines spécificités qui sont souvent considérées comme des facteurs clés de succès :
Le projet doit s’inscrire dans une démarche stratégique pour le client et non pas dans un soucis unique et immédiat de réduction des coûts
Le client doit travailler en totale transparence avec les équipes offshore
Maximiser les échanges et les réunions en commun (ne pas négliger le budget transport et hébergement)
Mettre en œuvre des itérations courtes (des « sprints ») avec la livraison d’un pan de l’application qui peut faire chaque mois l’objet d’une démonstration aux utilisateurs finaux
Mettre en œuvre la démarche de Test Driven Requirement ce qui permet de disposer des cas de tests d’acceptance en même temps que les spécifications détaillées – c’est une manière efficace de s’assurer que les équipes de développement s’approprient ce qu’elles doivent développer
O-D : Dans quels pays Valtech intervient pour déployer des stratégies offshore ? Le pays est un facteur déterminant ? comment le choisir ?
H. P. : Depuis 2002 Valtech a fait le choix unique de collaborer avec des sociétés indiennes sous la forme de partenariats avant de lancer l’entité Valtech India en 2004.
Naturellement le choix du pays est déterminant pour supporter l’approche stratégique du client. Par choix nous entendons notamment :
la capacité de disposer de ressources à très fortes valeur ajoutée
le langage – un très bon anglais (écrit et oral) ou un très bon français
les risques politiques, économiques, religieux et climatiques du pays
la capacité d’assurer des montées en charge et des baisses de charge rapidemment sur des ressources compétentes
le coût des ressources
la facilité d’accès au pays (vols directs ou non de Paris, durée des vols, qualité des infrastructures routières et hotelières…)
O-D : Quels sont les critères de choix de l’externalisation offshore de vos clients ?
H.P. : Nos clients ont une approche stratégique de l’offshore.
Naturellement, l’objectif n°1 à moyen voire parfois à court termes est le coût des ressources et donc la capacité de faire plus avec un budget sensé être restreint (pas forcément sur le premier projet et pas forcément sur la première année).
Disposer de la liberté d’augmenter les ressources ou de les réduire si les besoins du marché l’imposent
Accroitre la qualité des applications existantes (celles en maintenance) – la qualité coûte cher !
Disposer d’une plus grande force de frappe sur le marché (notamment pour les éditeurs de logiciels)
Ne pas subir financièrement et opérationnellement la pénurie de certaines ressources (Java/J2EE et .net, Cobol et autres technologies moins innovantes, SAP pour les progiciels..)
Parce que l’approche offshore rassure les actionnaires…
O-D : Ressentez vous un impact de la crise sur votre activité ? est il bénéfique ?
Contrairement à ce que nous pourrions penser, la crise ne constitue pas un élément encourageant à l’offshore.
En effet, comme évoqué à plusieurs reprises dans ce document, l’offshore doit être appréhender comme une démarche stratégique avec un ROI certain mais pas forcément immédiat.
Faire de l’offshore signifie « mettre le doigt dans un engrenage » qui s’avéra rentable à moyen termes et sur du volume. Or, les entreprises aujourd’hui ne mettent pas fin à tous leurs projets mais on tendance à ne pas vouloir engager trop d’investissements aujourd’hui alors que leur carnets de commande ne sont pas pleins.
La mise en œuvre des pratiques Agiles de manière généralisée semble, au contraire, être bien mieux considérée, par les clients, comme une solution face à la crise.